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    LE MOT DU COMMISSAIRE GENERAL

Si le Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST) existe depuis le milieu des années 70, son importance est encore plus appréciée aujourd'hui au moment où on parle de développement durable, un concept fondamental pour les pays africains, principalement, dès lors qu'il faut trouver, à travers une recherche pertinente, des solutions aux problèmes qui minent le continent et coller aux exigences du développement durable, c'est-à-dire, ce développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
Partant de cet objectif majeur, il s'agit, pour le CENAREST et, notamment, pour les cinq Instituts qui le composent, à savoir, l'Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH), l'Institut de Recherche en Ecologie Tropicale (IRET), l'Institut de Pharmacopée et de Médecine Traditionnelle (IPHAMETRA), l'Institut de Recherches Agronomiques et Forestières (IRAF) et l'Institut de Recherches Technologiques (IRT), d'innover et de mettre en œuvre des programmes d'une recherche pertinente et utile au développement de notre pays. Le CENAREST doit continuer d'être cette "machine" à propositions qui va fournir à notre Gouvernement des outils d'aide à la décision.

Parce qu'il faut apporter des solutions urgentes, à l'agriculteur, à l'artisan, à l'industriel, etc. Parce qu'il faut répondre efficacement aux attentes des différents ministères de notre Gouvernement pour apporter des solutions pratiques et pragmatiques en matière de santé, d'éducation, de gestion et de préservation de l'environnement et de maîtrise du fait urbain dans notre pays, le CENAREST va donc descendre dans l'arène sociale, économique, écologique, c'est ma mission.

   Toutes les consultations auprès des chercheurs eux-mêmes et auprès de toutes les forces vives nous ont amené, bien sûr, à partir des instructions claires de notre Ministre de tutelle, le Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, de concevoir un modèle de management dont les maîtres-mots sont : valoriser le chercheur et, valoriser la recherche au Gabon, renforcer les capacités des Instituts, dynamiser les collaborations et asseoir une dynamique de publications ; tout cela, dans la perspective, à court terme, de réformer le CENAREST, c'est mon ambition.

   Mon action va donc consister à redynamiser "la maison", à amener les Instituts à définir et mettre en œuvre des programmes multidisciplinaires et transversaux. Sur cette question, je pense par exemple, à la question de la gestion des parcs nationaux pour mieux répondre à l'ambition du Président de la République, Chef de l'État, qui a consacré 11 % du territoire pour la création de 13 parcs nationaux. Sur cette question, il s'agit d'arriver à l'adéquation entre l'intérêt des populations qui habitent dans et autour de ces parcs nationaux et le souci de préserver ces espaces. Je vais insister sur la dynamique des programmes de recherche et je vais amener les chercheurs à exceller dans leurs missions : la place du chercheur est sur le terrain, dans un laboratoire ou entre deux avions parce qu'il doit présenter le résultat de sa recherche dans des colloques ; c'est mon cheval de bataille.

  Je vais maintenant, pour terminer, revenir sur deux autres priorités majeurs de mon mandat, à savoir, le recrutement des chercheurs et les publications. Un recrutement de qualité entraîne nécessairement une recherche qualitative, avec des résultats significatifs. Je vais donc définir et mettre en œuvre des mesures renforcées pour identifier les meilleurs dossiers et les meilleurs partenaires. Tout recrutement d'un  chercheur ne va plus dépendre du seul Institut sollicité, mais de l'examen minutieux de chaque dossier en tenant compte des réalisations emblématiques et des corpus de connaissances qui peuvent s'imposer aujourd'hui comme solutions aux problèmes de développement de nos pays. Je vais, sur cet aspect, élargir la vision à l'ensemble de la CEMAC pour identifier les talents, les meilleurs. Je vais aussi, parce que j'inscris mon action dans une coopération et une collaboration forte avec l'Université, aller à la source pour détecter les chercheurs en herbe pour mieux les intégrer, les orienter et garantir ainsi, un renouvellement efficient des ressources humaines. Le CENAREST va donc mettre en place un programme de financement des thèses de doctorat et des Masters dans nos domaines de compétence. S'agissant des publications, nous allons, très prochainement, lancer "Les Éditions du CENAREST", une édition scientifique, qui va permettre aux chercheurs nationaux, à ceux de la sous-région CEMAC et, bien sûr, tous ceux de l'ensemble du continent, de pouvoir publier le résultat de leur recherche chez un éditeur de qualité. Bien sûr, nous allons renforcer les revues des différents Instituts pour garantir la diversité ; l'important pour un chercheur étant d'être lu.

   Le monde change, le monde bouge, alors bougeons nous aussi. Le défi africain de ce millénaire est de tout mettre en œuvre pour développer notre continent. Cela passe forcément par une appropriation des outils de développement ; le rôle de la recherche est crucial.

Prof. Daniel Franck IDIATA


LA RECHERCHE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT DU GABON